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Histoire locale : NAISSANCE D'UN TIMBRE Jean Lartigue
1949 André Guimont remontant du sable et du gravier de la plage de Capbreton Sur le thème « Vie quotidienne » de la série à succès « Le siècle au fil du timbre », La Poste, en association avec Paris Match et Kodak images, propose, fin 2001, aux lecteurs de l'hebdomadaire, de chercher dans leurs albums de famille des photos souvenirs ayant trait à la vie de tous les jours. Parmi les 26.000 clichés concernant aussi bien les loisirs, les vacances, les fêtes de famille, les transports ou encore le travail, un jury doit opérer une sélection de ceux qui seront soumis au vote définitif, en vue de la série de cinq éditée sous forme de timbre.
Je reconnais tout de suite André Guimont, un personnage haut en couleurs de notre cité, et me précipite chez son fils Michel, plus connu sous le surnom de La Misère, gérant de la « Calypso » à la capitainerie du port, pour l'informer de ma trouvaille. Là, j'apprends que sa fille est entrée en contact avec le photographe. Je m'empresse d'en prendre les coordonnées, et décide, en accord avec Michel Guimont, non seulement de faire en sorte que la photo de son père arrive parmi les cinq premières, mais aussi, si tel est le cas, d'organiser une sortie « premier jour » digne de notre cité.
Je sollicite la Sadipac et son emblématique présidente, Anne–Marie Bellenguez, qui ne néglige aucune occasion de faire briller la bonne étoile de Capbreton. On peut lui faire confiance. Un peu de battage, à droite, à gauche, un zeste d'investissement personnel, sans oublier celui de toute la famille Guimont, et voilà la sauce prête à prendre. Rappelons qu'il s'agit de voter par écrit, mais aussi par internet, pour la photo de son choix, et que celle de Capbreton porte le numéro 1 de la présélection qui en comporte 94. Il faut admettre qu'elle est très belle. Elle figure seule et en grand, dans la présentation du concours ( voir ci–dessous). Il ne reste plus qu'à croiser les doigts, en attendant la date fatidique du 21 mars, clôture du vote, qui ne livrera que bien plus tard, son résultat pour les cinq heureux élus. Mais en fait, durant tout cette période, les doigts ne resteront pas croisés, bien au contraire, car de jour comme de nuit, ils pianoteront sur l'ordinateur, pour cliquer sur le 1, et suivre l'évolution des votes, qui à chaque instant, se modifieront, mais en laissant toujours apparaître notre favori en bonne position, n'est–ce pas Mme. Bellenguez ? Il faudra attendre la parution officielle des résultats dans le numéro de Paris Match n°2784 du 3 octobre 2002, pour connaître enfin les heureux lauréats, avec toujours en tête, la photo de Guimont et sa mûle. Mais la famille Guimont et moi–même savions ! En effet, pour des formalités de contrat concernant les droits à l'image, La Poste devait, avant d'entériner les résultats et de pouvoir imprimer, contacter les ayant droits des personnes figurant sur les cinq photos retenues. C'est ainsi que Mme Elisabeth Guimont reçut un courrier de La Poste, accompagné du contrat daté du 17 avril 2002, qui précisait que : « …le visuel va faire l'objet d'un dévoilement spécial par voie de presse dans les deux mois précédant l'émission du timbre. La date exacte de ce dévoilement n'est pas encore connue. Aussi je vous remercie de ne pas divulguer d'information à propos de ce bloc avant cet événement. ». Normal, La Poste voulait garder le suspense jusqu'au bout. Mais cela contrariait la phase 2 de mon entreprise, à savoir réserver une sortie en fanfare du timbre de Capbreton, et donc intéresser beaucoup de personnes à ce premier jour. Heureusement, le message a été entendu par les acteurs qui interviendront à l'acte final, mon rôle étant d'assurer la mise en scène comme je l'avais promis à la famille. Pour arriver à mes fins, je m'entoure en premier lieu du personnage clé, à savoir M. Champenois, responsable de la Poste de Capbreton, qui nous reçoit le 8 août 2002, accompagné de son directeur départemental de la communication, M. Bordenave. Il y a M. Junot qui représente M Geai (excusé) pour les philatélistes, Mme Bellenguez pour la Sadipac, et moi–même. Un programme prévisionnel de manifestations sur trois jours est ébauché, la présence du photographe qui a pris ce cliché en 1947 espérée. René Daynes, car c'est de lui qu'il s'agit, est âgé de 92 ans, et réside à Montauban. Non seulement il est dépendant de sa fille pour se déplacer, mais il est sollicité par La Poste à l'occasion de la sortie nationale du timbre à Paris. Pendant trois mois, je me suis employé à convaincre sa fille de choisir Capbreton plutôt que les honneurs de la capitale. Encore fallait–il que l'accueil fût à la hauteur de l'événement ! Je pense, très honnêtement, qu'il l'a été grâce aux nombreux acteurs, qui dans leur coin, ont tout fait pour. Chacun se reconnaîtra. C'est donc sous un beau soleil que René Daynes a foulé à nouveau le sable chaud de la plage, cinquante cinq ans après avoir pris sa remarquable photo, avec son inséparable Rolleiflex. Il a eu l'immense joie de partager un repas avec la famille Guimont, de regarder passer les bateaux depuis l'hôtel de l'Océan, où la ville s'est fait un plaisir de l'héberger, d'assister à une réception des plus officielles à la Pergola, en compagnie des représentants de la municipalité, de la Sadipac et de La Poste. Une exposition organisée par la Sadipac lui était consacrée dans l'enceinte du Casino le vendredi 27 septembre, un cocktail offert par La Poste la clôturait.
René Daynes à Capbreton avec Jean Lartigue. La sortie d'un timbre est quelque chose de rare, d'exceptionnel, et mérite qu'on lui accorde toute la reconnaissance d'une cité, surtout quand l'artiste y participe activement, en dédicaçant sans compter, avec une gentillesse non feinte tout ce que la panoplie du philatéliste comporte, ce malgré la fatigue que seul le bonheur du moment lui faisait oublier.
Le député maire Jean Pierre Dufau remettant la médaille de la ville à René Daynes sous le regard attendri d'Elisabeth Guimont
Une partie de l'assistance.
Extrait de la Dépêche du Midi du 2 octobre 2002
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