cote sud memoire vive



UN ARCHEV�QUE N� ET MORT � CAPBRETON


Monseigneur Soul� (1827 - 1919)

 

Un dr�le de paroissien ! 

Une des curiosit�s de l'�glise de Capbreton est constitu�e par les plaques comm�moratives qui courent sur trois rangs le long de la nef, portant les noms de plus de mille morts depuis 1533 jusqu'en 1752 et qui sont inhum�s dans l'�glise. Ce ne sont pas des ex-voto mais le livre des registres des s�pultures qui est lisible sur ces murs.


Par la suite les inhumations continu�rent de loin en loin jusque vers 1778, date � laquelle ce droit ne fut plus accord� que sur dispense aux eccl�siastiques.
Et la loi du 22 prairial au XII (11.06.1804) abolit totalement l'usage de toutes les s�pultures dans les lieux de culte.


Pourtant nous avons de chaque c�t� de l'autel principal de l'�glise de Capbreton deux personnalit�s religieuses plus r�cemment enterr�es :

 
- Mgr Soul�, ancien �v�que de La R�union et de la Guadeloupe, archev�que de L�ontopolis, n� et mort � Capbreton, repose devant l'autel de Saint-Joseph (transept gauche) 1827-1919.

- M. l'abb� Gabarra, chercheur �rudit et historien local qui resta � la t�te de la paroisse pendant 51 ans, enterr� devant l'autel de la Vierge (transept droit) 1842-1925. C'est gr�ce � son impulsion que l'on doit la majorit� des ?uvres d'art de l'�glise.


Ce sera � titre exceptionnel, gr�ce � des permissions sp�ciales de Monsieur le Ministre de l'Int�rieur ?en d�rogation aux prescriptions du d�cret-loi, en raison de l'avis favorable �mis par le Conseil municipal et � la demande des familles "qu'ont pu �tre effectu�es ces deux s�pultures.
Si la personnalit� de l'abb� Gabarra est bien connue des Landais par ses nombreux travaux d'historien, et surtout des Capbretonnais puisqu'il y exer�a pr�s de 51 ann�es de sacerdoce ... on parle peu de Monseigneur Soul�. Des commentaires le concernant sont souvent r�serv�s, voire obscurs.

C'est le regrett� M. l'abb� Dubourdieu, ancien cur� de Capbreton et passionn� d'histoire locale qui a attir� mon attention sur lui en me montrant sur le sol attenant au mur ext�rieur de l'�glise les restes d'une dalle de ciment, vestiges d'un support de v�randa, disparus de nos jours. C'est dans cette v�randa, disait-il, que l'abb� Gabarra rel�guait l'Archev�que pour qu'il y c�l�br�t sa messe quotidienne en dehors de l'�difice.

Ceci �tait suffisamment surprenant pour que je veuille en savoir plus sur ce personnage.

Biographie. Extrait du registre des Bapt�mes de Capbreton :

L'an mil huit cent vingt sept et le dix janvier est n� (et le quatorze a �t� baptis� suivant les registres de l'�v�ch�) Dominique Cl�ment Soul�, fils l�gitime du sieur Fran�ois Soul�, lieutenant des Douanes, 26 ans et de Dame Jeanne F�lixine Dutilh, son �pouse, 22 ans. Parrain M. Dominique Soul� et marraine Dame Marie Jourdain, qui ont sign� avec nous."

Premier n�, il sera suivi de deux s?urs et d'un fr�re.
Il serait n�, (d?apr�s des t�moignages oraux), dans une maison donnant sur la place de l'actuelle M�diath�que Municipale, place Yan du Gouf, ( � gauche sur la photo).


On sait seulement que, lorsqu'il avait 9 ans en 1836 au moment du recensement, sa famille est indiqu�e comme habitant la maison dite � Jolie � et que c'�tait la maison de ses grand-parents maternels Dutilh.

 

 

 Sa carri�re.

Cl�ment Soul� entreprend des �tudes de s�minariste, d'abord au Petit S�minaire d'Aire sur Adour, puis au Grand S�minaire de Dax.
Pendant ses �tudes, et �g� de 20 ans, il "monte" � Paris. Un passeport dat� du 14 septembre 1847, donne son signalement :

 

Taille 1m�tre 65                     
Cheveux ch�tain fonc�
sourcils idem
nez gros
barbe noire clairsem�e
visage ovale
front �troit
yeux ch�tain fonc�
bouche moyenne
menton rond
teint rembruni

 

Nomm� sous-diacre le 30.03.1850, il a 23 ans, il est ordonn� pr�tre le 18.08 de la m�me ann�e par Mgr. Lanneluc et nomm� professeur au Petit S�minaire d'Aire sur Adour
Il enseigne pendant une ann�e mais il semble appel� � d'autres horizons que ceux de la p�dagogie. Mgr. Lanneluc l'appelle donc � l'�v�ch� de Dax o� il devient secr�taire particulier de l'�v�que et son aum�nier pendant six ans, de 1850 � 1856.
On le trouve ensuite secr�taire g�n�ral de l'�v�ch� en 1856. Avec l'arriv�e d'un nouvel �v�que Mgr. Epivent il devient chanoine honoraire, puis chanoine titulaire le 19.03.1865 jusqu'en 1876.

Ev�que de Saint-Denis

A ce moment il a 49 ans. C'est alors qu'il re�oit l'investiture du titre d'Ev�que de Saint Denis, �le de la R�union, par d�cret du I0 octobre 1876.

Or l'�v�que de Dax, Mgr Epivent meurt � ce moment l� et meurt �galement le vicaire capitulaire, l'abb� Duviella.
Mgr. Soul� remplacera ce dernier au 24.07.1876. Pour qu'ait lieu sa propre c�r�monie d'intronisation il doit attendre qu'il y ait un nouvel �v�que � Dax pour aller rejoindre son dioc�se � la R�union. Il passe ainsi sept mois suppl�mentaires dans la m�tropole avant que sa cons�cration ne soit faite, de la main de Mgr. Delannoy, le nouvel �v�que sur le si�ge d'Aire, le 24.02.1877. L'abb� Laulom a d�crit dans ?M�moire des Landes? ; � ce sacre, qui �tait le premier depuis de longues ann�e donna lieu � de grandioses c�r�monies, illuminations, musiques, etc. .. �  De fait, on composa � son honneur une cantate intitul�e ?Tressaille � Sainte �glise d'Aire?... et Monseigneur peut maintenant porter le blason ci-dessous.

 


Cependant il lui faut partir � la R�union, dioc�se cr�� en 1851, dont il devient le quatri�me �v�que en succ�dant � Mgr. Delannoy .
On a la chance d'avoir une lettre pastorale �crite de France par Mgr Soul� par laquelle il s'annonce � ses future dioc�sains R�unionnais. En voici un extrait de style :
� Ne dirait-on pas que les habitants du bienheureux s�jour, jaloux des splendeurs de votre sol, se sont disput�s le bonheur de. le partager avec nous ?... �
St-Denis, le glorieux patron de la cit� parisienne,
Sainte-Marie, la tr�s auguste m�re de Dieu,
St-Pierre; le chef de l'Eglise,
St-Paul, l'ap�tre des nations,
St-Joseph; le P�re de N. S, J. C.,
St-Louis, Roi de France, '
St-Philippe, St-Andr�, St-Beno�t; St-Fran�ois, St-Dominique, Ste-Suzanne, Ste-Rose... (C'est un v�ritable cours de g�ographie que nous avons l� !) ... Tous ces grands amis de Dieu, les voici ! Ils s'�chelonnent, ils se partagent votre terre, ils montent sur les hauteurs, ils descendent vers les plages. Des sommets de Cialos et des gorges �lev�es de Salazie, du piton des Neiges et du piton des Fournaises, leurs noms c�lestes r�sonnent, les flots de leurs b�n�dictions coulent et d�bordent de toutes parts; comme les eaux salutaires de vos montagnes, leurs esprits p�n�trant tout, travaillent incessamment � faire de vous un peuple d'�lite, n'ayant qu'un c?ur et qu'une �me, sous l'empire de la v�rit� catholique et de l'amour divin. �
Ce discours, relev� dans ?l'Histoire Religieuse Anecdotique du P�re Angelvin? et transmis par l'�v�ch� de la R�union �tait assur�ment de nature � gagner l'estime et la v�n�ration des futures ouailles.
Il part pour son dioc�se en mai 1877. Il a 50 ans. Il est re�u par tous, pr�tres et fid�les, avec les plus grandes d�monstrations de joie et de sympathie. Personne, �videmment, ne s'attendait � ce qui allait se passer.

Dans le livre ?Les dioc�ses coloniaux,? �dition des Orphelins apprentis d'Auteuil qui a re�u l'Imprimatur en 1940 et m'a �t� �galement signal� par l'�v�ch� de St Denis, on a davantage de d�tails sur les turbulences qu'il suscita � la R�union o� il resta quatre ans.

?Ce court passage, bien loin de passer inaper�u, laissa des traces profondes, dans le plus mauvais sens du mot. Ce court espace de temps lui suffit pour bouleverser de fond en comble un dioc�se qui, jusque-l�, marchait tr�s bien. Il mit partout un d�sordre complet. Les choses all�rent si loin que les deux autorit�s, civile et eccl�siastique, s'unirent pour le forcer � donner sa d�mission et il dut se retirer, honni � la fois par l'administration, par la population et surtout par le clerg�.
On se demande, vraiment, par quelle aberration il prit � t�che de saccager son beau dioc�se et cela sans aucun motif plausible car, quand il est arriv�, personne ne lui faisait opposition. Au contraire, tout le monde ne demandait qu'� marcher avec lui la main dans la main, comme on avait fait avec les trois �v�ques pr�c�dents. Il cr�a cette opposition lui-m�me, de toute pi�ce, d'une fa�on syst�matique. ... Il ne fut pouss� par personne, car tout le monde lui donnait tort, le Gouvernement comme le clerg�.
En moins de deux ans, ce fut un g�chis sans nom : toutes  les ?uvres tomb�es les unes apr�s les autres, les cur�s chang�s presque tous sans rime ni raison, des cur�s de grosses paroisses nomm�s brusquement simples vicaires, des vicaires g�n�raux cass�s ou interdits, les congr�gations religieuses troubl�es et brim�es. Les anticl�ricaux se r�jouissaient, les �mes pieuses �taient navr�es, les gens sens�s disaient : ? C'est de la folie !?
Son premier conflit �clata avec les vicaires g�n�raux. Quand il arriva, l'administration �tait aux mains de l'abb� Delg�ry, un pr�tre qui jouissait, dit-on, depuis plus de vingt-huit ans de l'estime g�n�rale. Mgr. Soul� n'eut, semble t'il qu'un d�sir : s'en d�barrasser au plus t�t pour le remplacer par un de ses amis, qu'il avait emmen� avec lui, l'abb� Dup�rier.
L'abb� Delg�ry n'ayant pas l'�ge de la retraite ne voulait pas partir, mais � on lui rendit la vie tellement dure � l'�v�ch� qu'il dut se retirer. Il d�missionna, fut nomm� cur�, allant de paroisse en paroisse, sans cesse harcel� par son �v�que. �
Il y avait aussi un coll�ge de jeunes gens tenu par des p�res du Saint-Esprit et un des premier soin de Mgr. Soul� fut de remplacer ces p�res du coll�ge par des professeurs improvis�s, son ami l'abb� Dup�rier et � d'autres pr�tres, en rien pr�par�s � cette nouvelle t�che, qui n'accept�rent que pour l'aider . Comme cela cr�a un complet d�sordre et qu'il se montra � leur �gard plein de tyranniques exigences, les enfants se retir�rent les uns apr�s les autres � L'abb� Dup�rier, ami de c?ur, choisi et amen� avec lui, fut trait� aussi mal que les autres, charg� de tous les maux, et fut remplac� par un autre pr�tre du dioc�se d'Aire, l'abb� Joseph Beaurredon, originaire de Saubrigues.
Il s'agit d'un �rudit et d'un chercheur � l'intelligence brillante bien connu. Il a �dit� une �tude sur des d�couvertes arch�ologiques � Pissos, puis des ?Etudes Landaises? �dit�es dans le Bulletin de la Soci�t� de Borda. Pourtant Beaurredon ne saura pas se faire accepter. Il faut dire que les dauphins de Monseigneur Soul� �taient, � la R�union, pr�c�d�s par principe d'une r�putation inqui�tante.
Quant aux vicaires g�n�raux mis sur la touche, il passent bient�t pour des victimes et des h�ros, et les opposants, de plus en plus nombreux, ont soin de s'en servir amplement.
D'autant qu'apr�s les vicaires g�n�raux, ce fut le tour des cur�s. � Aucun cur� n'�tait s�r de son poste. Des cur�s redevenaient vicaires, des vicaires devenaient cur�s, ils passaient d'une grande paroisse dans une petite, ou vice-versa, ils changeaient d'endroit sans savoir pourquoi, au gr� des caprices de l'�v�que : c'�tait le d�sordre en permanence et personne ne savait plus � quel saint se vouer. �
L'abb� de Belly, par exemple, d�poss�d� sans raison de sa cure est nomm� vicaire. Rentr� en France, il en appel� � Rome et lorsqu'on institue � cette occasion une enqu�te juridique, Mgr Soul� ne r�pond rien � la question de savoir pourquoi il a chang� un cur� sans motifs.
''Il accumulait litt�ralement les conflits dans tous les sens, et contre tout le monde. Et quand il se fut mis dans un imbroglio d'o� il ne savait plus comment sortir, il accusait tout le monde except� lui : le clerg� colonial ne valait rien, le S�minaire Colonial qui le formait. n'�tait pas � la hauteur, la Congr�gation du Saint-Esprit lui en voulait, etc., etc.
Le m�contentement allait grandissant. Les plaintes s'accumulaient � Rome et au Gouvernement. Les vicaires g�n�raux, les cur�s, les aum�niers, les j�suites, les spiritains, les fr�res des �coles chr�tiennes, les trois congr�gations de religieuses, sans compter les la�ques, tout le monde �tait excit�. Finalement un rapport officiel fut remis � la Nonciature qui le fit parvenir � Rome. Il fut r�dig�, au S�minaire Colonial, avec la collaboration de nombreux pr�tres, des congr�gations religieuses et des deux anciens �v�ques de la R�union, Mgr Desprez et Mgr Delannoy. .
Le Saint-Si�ge et le Gouvernement �tant d'accord, on le rappelle en France mais il s'y refuse. Voici l'extrait d'une de ses r�ponses:

?Ils sont bien variables, bien l�gers, bien ath�niens, bien roux, bien bruns, bien noirs, mes chers enfants...Mais ils sont bien aimables; et m�me pour aller en France traiter de leurs int�r�ts spirituels, recruter des l�vites et des pr�tres, je ne sais pas m'en s�parer pour un temps

Il ne lui restait pourtant plus qu'� donner sa d�mission, il n'y consentit pas facilement. Finalement on l'y obligea et il doit s'ex�cuter-
En effet, la d�mission de Mgr Soul� ?pour raison de sant�? est du 30 novembre 1880, mais il ne quitta le dioc�se qu'� la nomination de son successeur, en f�vrier suivant. Il a 54 ans.

 


Premier retour � Capbreton

Il rentre donc � Capbreton, son doux pays natal,  y ach�te une maison qui existe toujours, pr�s de l'�glise, "le chalet Marie", qu'il l�guera � son d�c�s � sa gouvernante en attendant la construction de la sienne .
A cette �poque, le pr�tre attach� � la paroisse de Capbreton est l'abb� Jean-Baptiste Gabarra, c�l�bre et �minent �rudit qui laissa de pr�cieuses �tudes sur l'histoire de Capbreton et qui y assura, rappelons le, un service de 51 ans. Il h�rite d'un dr�le de paroissien sur lesquels les commentaires sont d�j� all�s bon train dans les milieux eccl�siastiques et l'abb� Gabarra se pr�pare � une cohabitation d�licate.
Jean-Baptiste Gabarra n'a que 38 ans mais il a d�j� un temp�rament d'exception. Convaincu qu'il reste ma�tre dans son �glise, il fait rapidement b�tir pour Monseigneur cette v�randa dont je vous parlais au d�but de mon expos� et qui avait piqu� ma curiosit�, accol�e au mur ext�rieur de l'�glise. Elle �tait soutenue par des piquets de ciment dont il y reste des traces que l'on devine encore. C'est donc l� que Monseigneur Soul� va dire sa messe, �t� comme hiver, pour la partie des pratiquants qui voulait le suivre, ce qui m'a �t� confirm� � l'�v�ch�, avant d'en installer une sur le mur de sa maison d�finitive.
Mais Capbreton ne devient vite qu'un point d'attache. Monseigneur Soul� change � nouveau de cieux. Il est nomm� chanoine au chapitre de Saint Denis en France (compos� d'�v�ques retir�s) et il ira ainsi pr�cher de nombreux car�mes dans la r�gion � Paris. On le retrouve aussi �vang�lisant au Canada en 1888. Son portrait ci contre est la photo d'un tableau vraisemblablement fait � Montr�al.

Ev�que de la Guadeloupe

Puis, en 1893, le Pape lui demande de partir, cette fois pour la Guadeloupe o� il est nomm� administrateur apostolique du dioc�se de la Basse-Terre en mai 1893. Il a 66 ans et on sait qu'il restera en Guadeloupe 7 ou 8 ans. Il semble que tous les renseignements pouvant le concerner aient disparu en Guadeloupe.
Je suis en rapport avec l'abb� Barbotin de Guadeloupe qui, � la demande de son �v�que collecte toute l'histoire des pr�d�cesseurs et n'a pu trouver sur place aucun renseignements sur ce s�jour.
On sait que Mgr. Soul� est rest� en liaison avec l'abb� Beaurredon, son homme de confiance. Ce dernier est revenu � Saubrigues aupr�s de son fr�re qui y est cur�. Il lui succ�dera et continue de publier. On a de lui, � cette �poque, une �tude sur ?l'abb� Destribats cur�-doyen de Rion? de nombreux livres consacr�s � l'�tude du gascon, � ?l'enseignement primaire dans les Landes avant la R�volution?, une ?esquisse sur le sud-ouest Landais? ou sur ?la Commune de Tosse?. Il s'oppose malheureusement fortement � l'abb� Gabarra dans des querelles d'�rudits qui d�g�n�rent en conflits.
La querelle est loin de s'�teindre puisque l'abb� Beaurredon revenu en m�tropole s'est, lui aussi vivement oppos� dans ses �crits � l'abb� Gabarra cur� de Capbreton. Un article que fait para�tre Beaurredon en 1895 dans le Bulletin de la St� de Borda et intitul� ?les t�moins de Notre-Dame de Buglose? remet le feu aux poudres puisqu'il s'y d�clare oppos� aux th�ses de M. Gabarra.. Monseigneur Soul� prend, bien sur, parti pour son disciple.

Retour d�finitif � Capbreton

L'ambiance est donc d�t�rior�e � l'avance lorsque Monseigneur Cl�ment Soul� demande sa d�mission du poste de la Guadeloupe, toujours ?pour raison de sant�,? Il y est, dit-il, ?de nouveau �puis� par la t�che?. De fait, nous sommes en 1901 et Monseigneur a bien l'�ge de la retraite, 74 ans.

Il revient � Capbreton tout pr�t de l'abb� Jean-Baptiste Gabarra puisque la vaste maison qu'il a faite b�tir et que nous connaissons comme l'actuelle Mairie de Capbreton. se trouve voisine de l'�glise et du presbyt�re.

 


Monseigneur Soul� y est second� par sa gouvernante Marie Campet, originaire de Vielle Saint Girons, que tout le monde appelait �Mademoiselle St�phanie �. (Elle habitait la villa "Emma" aujourd'hui d�molie, � l'emplacement de la r�sidence ?Tanagra? pr�s du groupe m�dical de l'avenue du Mar�chal Leclerc.    
Les souvenirs que j'ai pu recueillir des vieux Capbretonnais actuels sont naturellement des souvenirs d'enfants. On dit que la gouvernante ?St�phanie" avait la sp�cialit� des tartes aux poires dont elle r�galait les visiteurs. Ceux-ci se souviennent aussi qu'ils trouvaient � "La Maison de l'Ev�que" quelque friandise. Monseigneur s'attirait les visites de ses jeunes voisins en leur r�servant la premi�re et la derni�re hostie du paquet qu'il recevait : celles qui avaient touch� le papier...

Et puis il est � nouveau question de v�randa puisque, pour sa retraite, Monseigneur a pr�vu lui-m�me une autre plus confortable, accol�e � sa nouvelle maison, � usage de chapelle.


La cohabitation f�t manifestement houleuse entre ces deux fortes personnalit�s. L'�crivain Rosny jeune s'en est fait l'�cho dans son livre ?La lutte pour la mer?. Les fid�les se sont partag�s en un schisme digne de Clochemerle. Comme chacun des deux antagonistes est connu comme �tant un orateur de choix, on se doute de ce que pouvait donner l'ambiance lorsqu'ils se transformaient en tribuns d'une porte de presbyt�re � l'autre, en s'emportant. On ne s'en �tonnait plus, cela faisait partie du folklore.
D'autant que, chaque semaine et sans exception � la r�gle, Monseigneur, que d'aucuns d�crivent comme un doux vieillard, prenait rang parmi les fid�les qui allaient se confesser � l'abb� Gabarra. Peu de temps se passait avant la nouvelle algarade qui ne manquait pas d'�clater...
Monseigneur Soul� va d�c�der � Capbreton apr�s ?une longue et douloureuse maladie?, un lundi de P�ques vers
4 heures du matin, le 21 avril.1919. Il est alors cit� "Archev�que de L�ontopolis, (titre de complaisance m'a t'on dit � l'�v�ch� de Dax. Il n'y a vraisemblablement pas de c�l�bration de sacre, mais le titre est l� ! )
Ancien �v�que de la R�union,
Primicier du Chapitre de Saint-Denis
Chevalier de la L�gion d'honneur."


La semaine religieuse d'Aire et de Dax relate avec force d�tails la c�r�monie qui nous fait revivre des rites oubli�s o� la procession mortuaire se faisait � pied � travers le village :
� Trois draps mortuaires �taient port�s, le premier par les notables de Capbreton le Docteur Fernand Junqua-Lamarque, (par ailleurs apparent� par sa femme � Mgr. Soul�), Justin Th�venin...
Le deuxi�me par des cur�s, (l'abb� Gabarra devait �tre absent car il n'est pas cit�),
Le troisi�me par des religieux et chanoines. Un piquet de soldats en armes escortait le chevalier de la L�gion d'Honneur
La St� de Secours mutuel, avec sa banni�re, les enfants des �coles, des marins, des soldats... � (S.R.A.D. 02.05.1919.N�18).
Il devait y avoir aussi ses amis des sph�res gasconnes. On se souvient qu'il a assist� en 1910 aux Jeux Floraux de Capbreton et que, dans ce cadre d'activit�s, il fr�quentait entre autre C�saire Daug�, l'abb� �crivain.
Un d�tail �mouvant m'a �t� confi� par une Capbretonnaise qui se souvient de cette c�r�monie. Il avait �t� sp�cifi� que l'enterrement se ferait "sans fleurs ni couronnes". Pourtant les jeunes enfants cueillirent des violettes des bois pour en parsemer le cercueil en dernier hommage.

L'abb� Barbotin, de Guadeloupe, m'avait conseill� de regarder de pr�s le registre paroissial, pour y rechercher quelque mot piquant ou au contraire un laconisme inhabituel. C'est pire encore puisque, non seulement Gabarra va bouder la c�r�monie de l'enterrement mais, curieusement, il va omettre de le transcrire sur le registre !

C'est deux mois plus tard que la d�pouille de Monseigneur sera inhum�e dans l'�glise, St.Nicolas de Capbreton par une permission sp�ciale de M. le Pr�fet des Landes.

La "Maison de Monseigneur" sera reprise en Pension de Famille dite "de St.Nicolas" et tenue par un Russe, puis elle deviendra la Biblioth�que Municipale avant d'�tre la Mairie actuelle.
Les deux photos les plus r�centes Mgr. Soul� �g� respirent la bonhomie. Elles cadrent beaucoup mieux avec les souvenirs que M. Darnet a pu recueillir dans sa famille et qui en font l'image d'un homme chaleureux qu'ils estimaient beaucoup.

Petit compl�ment g�n�alogique

- "St�phanie" la gouvernante, de son vrai nom Marie Campet, va d�c�der � Dax le 28.01.1942. Elle avait fait un testament olographe le 12.06.1916 d�pos� en l'�tude de M�GAUTHIER, notaire � Bordeaux par lequel elle l�guait le chalet Marie et le jardin attenant � Mme Laulhier, Veuve DARNET.

- Un fr�re de Jeanne F�lixine Dutilh est syndic des gens de mer

- Mariage des parents de Mgr ., le 11.04.1826 � Capbreton : "Sr Fran�ois Soul� lieutenant des douanes 26 ans n� � Bayonne. (Fils de Dominique Soul� v�rificateur des douanes et de Dame Jeanne Cazenave de Bayonne) x Jeanne F�lixine Dutilh 21 ans n�e � Capbreton, fille majeure de Jean Dutilh et de Mie Jourdain, propri�taires."


Recensement de 1836

Dix ans plus tard, lors du recensement de 1836 on trouve les Soul� dans le maison dite ?Jolie?. Dominique notre archev�que a alors 9 ans. Il vit avec sa m�re Jeanne Dutilh 31 ans, ses fr�re et s?urs Eug�nie 7 ans, Bernard 5 ans et Marie 4 mois et les grands parents : Jean Dutilh 70 ans et Mie Jourdain 65 ans, rentiers .Avec eux vit Jeanne Courtieux, domestique de 24 ans n�e � Orx, c�libataire. Le p�re est absent, en service dans les douanes.

Ses fr�re et soeurs

Jeanne Eug�nie, a �pous� le 11.10.1852 Antoine Gracian Lafon, marin de 28 ans, n� et habitant Capbreton. Le p�re est absent, en fonction � Lescun mais il donne son consentement par acte notari� du 26.09.1852. La m�re est pr�sente, les autres t�moins sont Etienne Dutilh rentier de 46 ans, oncle au 1� degr� de l'�pouse et de Lacouture Prosper, propri�taire de 47 ans, beau fr�re de l'�poux.

Le jeune fr�re, Bernard Soul�, connu sous le nom de Camille, n� le 29.01.1831, fut assez actif dans la commune:
Membre du Conseil municipal en 1884 avec le maire Anatole de Saint-Martin, c'est lui qui organisa la Compagnie de Sapeurs Pompiers capbretonnaise. Il �tait aussi membre de la commission scolaire en 1885.
Il quittera Capbreton pour Concarneau (Finist�re), �pousera Nathalie BARBIUS, d'o� na�tra au moins un fils, Joseph Marie Antoine, qui meurt au Tonkin le 10.06.1896, brigadier d'une batterie de marine.

 
Quant � la plus jeune s?ur, Marie, n�e le 2.09.1828, elle a laiss� un souvenir �difiant. Lorsque le fossoyeur Nagouas dut ouvrir le caveau familial des Soul� pour effectuer une r�duction des corps, il fut extr�mement �mu de trouver intact le corps de Melle Soul�.
On en parla longtemps dans l'auberge du "Marin" qu'il tenait avec sa femme. Et il r�p�tait souvent : "Nous avons v�cu aupr�s d'une sainte, ?

 

 Je remercie  vivement Monsieur Pierre DARNET, de Marseille, collat�ral de Mgr. SOULE, pour sa pr�cieuse collaboration, ainsi que M. Philippe Soussieux, de Herm, pour son aide dans les illustrations.

Bibliographie

Archives de la Mairie de Capbreton
Archives de l'Ev�ch� de Dax
Archives familiales de M. Pierre DARNET
Archives de M. Philippe SOUSSIEUX
"Semaine Religieuse d'Aire et de Dax"
Bulletins de la Soci�t� de Borda
Correspondance du P�re BARBOTIN
Souvenirs de M. L'abb� DUBOURDIEU
"La lutte pour la mer" ROSNY jeune.
� Buglose � par M. l'abb� Cazaunau
� l'Histoire Religieuse Anecdotique du P�re Angelvin � ...

Biographie r�sum�e

N� le 10.01.1827 Capbreton. Sous diacre 30.03.1850 Pr�tre 18.08.1850
Professeur au petit s�minaire d'Aire 1 an
Secr�taire particulier et aum�nier de Mgr Lanneluc de 1850 � 1856
Secr�taire general de l'Ev�ch� et Chanoine honoraire de 1856 � 1876
Chanoine titulaire le 19.03.1865
Vicaire g�n�ral capitulaire le 24.07.1876
Nomm� Ev�que de Saint Denis (�le de la R�union) le 10.10.1876-80
Chanoine ev�que de St Denis 1880
Ev�que de la Guadeloupe
Archev�que de L�ontopolis,  chevalier de la l�gion d'honneur,
Retir� � Capbreton o� il est n� et o� il d�c�de en 1919.

Anne-Marie BELLENGUEZ



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