cote sud memoire vive



D'ASTANIERES ; "Une rue de Capbreton porte son nom"

 

 


CL�MENT D'ASTANI�RES.(1841-1918)
UN ARTISTE STATUAIRE ORIGINAL, � RED�COUVRIR.


 Le comte Eug�ne Nicolas Cl�ment, d'Astani�res, est n� � Paris, rue Montmartre, le 2 mars 1841. La famille du comte descend d'une tr�s ancienne famille du Languedoc, dont le fief est � Pezenas (H�rault).
 Son p�re Fran�ois Xavier Ursule Adolphe d'Astani�res a achet� en 1845 le ch�teau de Villiers le Bel en Seine et Oise o� Cl�ment passera de nombreuses vacances, allant aussi � "la Madone", propri�t� familiale du c�t� de sa m�re Lucie Levasseur de la Ronci�re, � Pezenas,
 Tr�s jeune, Cl�ment d'Astani�res est consid�r� comme un original. Sa famille  comprend mal l'enthousiasme qu'il manifeste pour les arts, alors que par tradition, on est militaire chez les d'Astani�res. Cl�ment, artiste complet au talent pr�coce, r�ve de peinture, de sculpture, aime passionn�ment la musique, excelle dans le chant et voudrait consacrer sa vie � la cr�ation artistique.
Il a aussi deux autres passions, qu'il partage cette fois avec son p�re, et ce sont la chasse et la p�che. Mais ce gar�on manque de mesure. Quant il ne passe pas son temps � mettre des d�bris de pierres dans toute la maison, il part n'importe quand,  � n'importe quelle heure et ram�ne toujours du gibier, mangeable ou pas d'ailleurs. Les cuisini�res de la maison ont du mal � assumer le travail de plumage et de cuisson.

 Une fois de trop, alors qu'il revient avec une carnassi�re curieusement remplie , son p�re d�cide, pour le corriger, que dor�navant il devra manger seul le produit de sa chasse et en totalit�. Cela le calme un peu mais ses victimes continueront de lui servir de mod�les parfois jusqu'au pourrissement, ce qui ne facilite toujours pas l'ambiance de la maisonn�e.

 Cl�ment d'Astani�res suit des �tudes brillantes au coll�ge Rollin (actuellement  lyc�e Decourt, rue Lhomond), puis � l'institution Massin, rue des Minimes � Paris. Enfin il est dirig� vers la carri�re des armes qu'il embrassera aussi avec passion. 

 En1860 il est dans le r�giment de 2� hussards et part en garnison � Vienne. On le retrouve � l'�cole de cavalerie de Saumur, � Thionville, � Pont � Mousson. Entr� � Saint-Cyr, il participe � l'exp�dition du Mexique en 1864. Ses condisciples et leurs montures y sont une source in�puisable de mod�les qu'il dessine et sculpte avec beaucoup de talent.

 

 A son retour il a 23 ans et doit se marier avec une jeune lorraine, Melle Marie Mathilde,Charlotte, Jeanne de Pange. Issue d'une famille illustre (son grand-p�re Georges Mouton, comte de Lobau, �tait pair et mar�chal de France), elle est la soeur du marquis Jean de Pange.


 Au d�but de l'ann�e 1870 Cl�ment d�pose, comme il est d'usage pour un officier, une demande de permission de mariage, accueillie favorablement apr�s enqu�te des gendarmes de Mets qui concluent � la bonne moralit� de la jeune fille, d�clarent que ses biens lui permettent de subvenir � ses propres besoins et qu'elle ne tient pas cabaret . Pour l'occasion Monsieur d'Astani�res p�re a achet� pour son fils le ch�teau de Montiers  pr�s de St Just-la-Chauss�e (Oise). Mais h�las, le 15 juillet, pratiquement � la veille de son mariage, la guerre franco-prussienne de 1870 �clate et, le 27 juillet, Cl�ment est en campagne avec le mar�chal Bazaine. 

 Voici comment un hussard rescap� raconte la bataille du 16 ao�t 1870 au lieu dit Mars la Tour, � une quinzaine de km au sud de Metz:
"Nous attendons toujours les ordres de Bazaine pour partir sur Verdun, On nettoie les fusils, on abreuve les chevaux, on fait la soupe. A 9 heures du matin nous sommes surpris par les Prussiens, qui attaquent au tir d'artillerie. Apr�s un moment de panique o� les marmites de soupe sont renvers�es, nous prenons les positions de combat et Bazaine  donne l'ordre de se jeter en travers des Prussiens qui sonnent la charge. D'un �lan irr�sistible nos escadrons traversent les rangs allemands. Malheureusement, ils vont donner sur la droite du g�n�ral Legrand et sont pris, � cause de leurs habits bleus, pour des Prussiens. Nos cavaliers �gorgent les lanciers, sans les entendre, sans les reconna�tre, malgr� leurs cris d'angoisse : "Ne frappez pas, nous sommes fran�ais".
T�moins de cette m�prise, les uhlans bousculent un escadron de lanciers. Les dragons de l'imp�ratrice se jettent � leur tour sur le flanc des uhlans. La m�l�e devient indescriptible. Au milieu de cette poussi�re qui aveugle, les sabres frappent sans rel�che, tuent presque au hasard. Dans cette masse confuse qui tourbillonne et s'entrem�le, on ne peut distinguer les Fran�ais des Prussiens. Les hussards, les cuirassiers allemands, font de larges trou�es. Nos infatigables chasseurs d'Afrique se pr�cipitent au plus �pais de la m�l�e. 8000 cavaliers s'entre-tuent au milieu des hourras et du choc formidable du fer."

Les soldats ne se distinguaient donc pas les uns des autres puisque tous �taient v�tus de bleu!

Cl�ment d'Astani�res est gri�vement bless� dans cette bataille au corps � corps. Frapp� plusieurs fois par des coups de sabre, il tombe, la t�te fracass�e. Lorsqu'il est ramass� par les Prussiens et fait prisonnier, � demi-mort, il sera port� disparu pour l'arm�e fran�aise.
 Il reviendra pourtant � la vie, miraculeusement. Apr�s 7 mois de captivit� il est rapatri� le 18 mars 1871. Il attribue au scapulaire, qu'il portait sur le coeur � la charge de Gravelotte, le fait qu'il est encore vivant. D�s lors, ce sera l'occasion de le montrer � tout visiteur sous l'appellation: "Scapulaire retir� � l'h�pital de Pont � Mousson apr�s la pansement de mes blessures re�ues � la charge de Gravelotte (Mars la Tour), le 16.08.1870". Il expose aussi une pipe qu'il a �tiquet�e: � Pipe donn�e par le docteur Hiegel, de Mars la Tour et qui m'a servie pendant que, assis sur un fauteuil dans la rue, devant sa maison, il faisait � 6 heures, le soir m�me de la bataille, un pansement � mes blessures. �

 Le comte montrera aussi, comme curiosit�, une esquille d'os sortie de sa blessure � la t�te qu'il conservera pr�cieusement dans un autre petit coffret.

Il est convalescent mais encore mal r�tabli, handicap� par ses blessures, quand il s'annonce au ch�teau de Pange. Il ressemble, dira t'on, � un fant�me. M�me sa fianc�e Mathilde, tr�s �mue et qui a jusque l� port� son deuil, aura du mal � le reconna�tre et sa sant� restera compromise.

Le mariage ne sera pourtant pas encore pour l'imm�diat car Cl�ment d'Astani�res est appel� � reprendre une nouvelle fois du service arm�. La guerre civile de "la Commune" � Paris doit �tre r�prim�e, il s'y emploie et il recevra � cette occasion la Croix de la l�gion d'honneur.
 Enfin, il peut convoler en justes noces le 27 juin 1871. C'est donc un jeune capitaine fra�chement d�cor� que Mathilde de Pange �pouse en grandes pompes, Le Figaro et d'autres journaux comme Le Gaulois feront le compte rendu de ce mariage mondain.
 Cependant la famille de Pange s'inqui�te de d�couvrir un jeune homme bizarre. Les coups de sabre � la t�te ont laiss�, dit-on, des s�quelles f�cheuses. Le comte d'Astani�res se montre vite un gendre �tonnant, voire d�tonnant. La ni�ce de Mathilde �crira : "Il apporte dans la famille une note de bizarrerie peu conforme � l'�tiquette ambiante "
 Ses sup�rieurs aussi d�peignent: "Un caract�re parfois difficile qui a besoin d'�tre command� avec tact et m�nagement, un officier qui sort de la foule et m�rite d'�tre �tudi�." Les rapports militaires soulignent aussi son go�t pour les "arts d'agr�ment": la peinture et la sculpture.
 Il restera dans l'arm�e 5 ans encore, puis, pr�textant les s�quelles de ses blessures, qui d'ailleurs le g�neront toute sa vie, il se d�clare lui-m�me inapte au service de l'arm�e et donne sa d�mission en 1875 pour se consacrer tout entier � la passion artistique qui ne l'a jamais quitt�e. 

Il est alors d�j� �l�ve du sculpteur Cl�re, au talent un peu rigide, et c'est avec lui que d'Astani�res a fait ses premiers travaux connus. Le premier envoi au Salon des Artistes Fran�ais, "le Gymnasiarque", date de 1873.
 Cl�re a ex�cut� le portrait en bronze de son �l�ve. D'Astani�res y est repr�sent� en hussard avec un uniforme � grands brandebourgs que  l'on retrouve sur une photo prise � Saumur.
 Puis il devient l'�l�ve de Jean Falgui�re, qui n'est pas le premier venu. Professeur � l'�cole des Beaux Arts et membre de l'Acad�mie, Falgui�re a, entre autres, particip� � l'ornementation de l'Arc de Triomphe de l'Etoile. Dans son atelier on travaille indiff�remment tous les mat�riaux avec le m�me succ�s, l'argile, la pierre, le pl�tre ou le marbre. C'est une approche qui pla�t � d'Astani�res.
Le ma�tre et l'�l�ve deviendront une paire d'amis malgr� leurs diff�rences : autant Falgui�re est un personnage tr�s mondain, autant d'Astani�res se d�couvre �tre un gentleman-farmer d�contract�. Il partage son temps entre Paris (il habite au 25 rue Las Cases), et Montiers en Beauvaisis, dans le ch�teau offert par son p�re o� il a une exploitation agricole,  un gros �levage de porcs et bovins qu'il pr�sente aux concours agricoles.
 En 1882,d'Astani�res, ch�telain de Montiers, devient, comme son p�re et son grand-p�re,  maire de cette commune. Il agira activement au moment de la construction de la voie ferr�e de Paris � St Just en Chauss�e.
 C'est � partir de cette �poque qu'il va cumuler les dipl�mes et r�compenses pour les concours agricoles et pour ses oeuvres artistiques.
 Au Salon des Artistes Fran�ais Cl�ment d'Astani�res re�oit des m�dailles et devient vite hors concours membre du jury. Au salon de 1882, avec � l'Espi�gle �, sa premi�re m�daille d'or lui est remise. "L'Espi�gle" entre dans les Collections Nationales et se trouve actuellement au Minist�re de l'Industrie.
 Il recevra deux autres m�dailles pour une �tude sur des cordages en fibres d'orties en 1895 et 1896, preuve de son �clectisme..
 Il pr�sente au salon de 1889 un bronze sous le nom d'Acrobate". A l'Exposition Universelle de Paris de 1889, il acquiers une m�daille de bronze pour la pr�sentation du "P�cheur � la ligne". Puis il pr�sente un marbre au salon de 1887 "Le Jongleur", un autre au Salon de 1898. Ce dernier, "Le Moine blanc", pr�figure d�j� le cubisme et obtient une m�daille d'honneur � l'Exposition de 1900.
 Si l'on a conserv� ses dipl�mes, on a en revanche perdu la trace de ses m�dailles,  d�rob�es lors d'un cambriolage de son atelier � Paris, le 13 mars 1891. "Pendant que j'�tais � un sermon contre le socialisme" se plaisait-il � raconter.
 Son pass� de militaire lui vaut de nombreuses commandes de soldats et le Tout-Paris lui demande des portraits.
 Il expose � Chicago en 1893, � Moscou en 1791, acquiers de nombreuses r�compenses. Son immense production est actuellement largement dispers�e dans le monde entier, en Angleterre, en Autriche, en Am�rique, comme l'indique Jean Valdeyron en 1931.
 On en retrouve dans des lieux publics ou des collections particuli�res, � Capbreton, Benesse-Maremne, Buglose, � l'abbaye de Maylis, � Betharram, Bordeaux, Beauvais, Paris, Saubusse, � la Sorbonne, au Lyc�e Michelet, Jeanson de Sailly, � l'�cole militaire, au mus�e de Douai, � la mairie de Niort, au ch�teau de Pierrefonds
 Comme il est Paroissien de l'�glise Sainte Clotilde � Paris, o� sa femme est toute d�vou�e aux bonnes oeuvres,  il est amen� � l'orner abondamment. Il a sculpt� pour le banc d'oeuvre "La toute puissance suppliante", en pierre, que nous retrouvons en plusieurs exemplaires � Capbreton. Il a aussi r�alis� des bas reliefs dont nous avons la r�plique sous le porche de l'�glise de Capbreton, �galement.

 C'est son fr�re a�n� Albert, qui avait h�rit� du titre de comte. mais les oeuvres religieuses remarquables, g�n�reusement offertes � l'Eglise, ont attir� l'attention du Pape L�on XIII qui lui d�cerne le titre de comte h�r�ditaire, mais il n'aura pas d'enfants.  

Il s'�vade de Paris et voyage en suivant les bords de la mer pour laquelle il a une attirance particuli�re. Il a ainsi peint une s�rie d'aquarelles, de la Hollande jusqu'� l'Espagne, et peint aussi des paysages de montagnes au Pays basque. Il est en compagnie d'un jeune gar�on Arthur Pierre Gillet, qui, lui sert de mod�le depuis l'�ge de 16 ans et deviendra son fid�le secr�taire et r�gisseur. Celui-ci a  pris la suite de son fr�re Georges, initialement au service de Monsieur le Comte et mort tr�s jeune de la typho�de.
 Vers 1897, d'Astani�res d�couvre Capbreton. Il aurait �t� log� alors sur la place de la Mairie, par
Madame Loube, qui accueillait des h�tes de passage. S�duit, il partagera d�sormais son temps entre Capbreton, Paris o� il a gard� son atelier et le ch�teau de Montiers.
 En 1900,  la mort de Falgui�re avec lequel il a toujours continu� � travailler, marque un grand tournant dans sa vie. Un peu d�pressif, �pris de solitude, souffrant de rhumatismes, s�quelles de ses blessures, il recherche la chaleur et d�cide de s'installer dans ce d�sert qu'il a d�couvert au bord d'une mer sauvage, Capbreton et qui l'a s�duit.


 Il vend le ch�teau de Montiers et ach�te une trentaine d' hectares de sables sur un quartier de dunes qu'il baptisera � La Savane �. Il y fait b�tir en 1901 la maison "les Epaves", puis " les gourbets" o� il installe une sorte de palombi�re et une �curie � �tage d'o� ses chevaux pourront contempler l'Oc�an.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les  �paves

Peu � peu, il va gagner sur les sables l'installation de sa propri�t�, avec des cultures diverses, de la vigne ou des plantations des pins, fixant la dune avec des oyats.
L'ornementation int�rieure de sa maison "Les Epaves"sera constitu�e par tout ce que Monsieur le Comte avait pu ramasser sur la plage : vieux filets, flotteurs, galets, bois flott�s. Puis s'ajouteront d'autres b�timents plus classiques construits par l'entreprise Bernadet de Dax. Il y aura ainsi dans la propri�t� une ferme avec laiterie o� Monsieur le  comte fabriquera lui-m�me son fromage, une autre maison avec atelier: "la Tataya" et la maison du garde. "La Tataya" est une maison o� l'on se rend l'�t� pour les pique-nique, dans un bross tir� par des boeufs, on y am�ne les paniers, nappe, table et chaises pour profiter du confort.  Ou bien on se dirige vers un wagon de tramway, que Monsieur le Comte a fait revenir du ch�teau de Montiers . Un "petit train", wagonnet d'un Decauville part de "la Savane" o� est install� l'atelier et ses rails font le tour de la propri�t�. Monsieur le comte s'y assoit sur un fauteuil d'osier tir� au pas lent des vaches et, les jours de vent, lorsque le vent souffle dans le bon sens, il avance � la voile. Autrement il faut pousser ce wagonnet � main d'homme avec, toujours � port�e de main, une pipe bourr�e. M. le Comte  se souvient du r�confort qu'une pipe lui apporta lors de son op�ration � la t�te.  jusqu'aux endroits cultiv�s : vigne et semis de pins qui poussent d�s la premi�re dune en bordure de l'Oc�an, prot�g�es par un syst�me de balises...
 Monsieur le Comte "a toujours son fusil en travers sur ses genoux et, sans fatigue, il peut ainsi tirer les lapins qui abondent dans les dunes. "Pour se prot�ger en cas d'ond�e dans l'exercice de son sport favori, �crit Octave Feuillet, il avait �tabli plusieurs gu�rites. L'une �tait une moiti� avant de canot, pos�e debout sur le sable, l'autre �tait une immense bouteille en ciment arm�, (si grande quel'on peur y remiser le wagonnet), la troisi�me constituait un immense verre � boire, �galement en ciment."
 D'Astani�res, quoique g�n�reux avec ses proches, passe pour un �ternel d�sargent� parce qu'il r�investit toujours dans de nouveaux projets. Prudente, Mme la Comtesse a d'ailleurs demand�, d�s 1886, une s�paration de biens. Elle a ses propres appartements pr�s de la biblioth�que, avec armoires anciennes et beaux meubles.
Elle re�oit assise sur son divan avec une meute de petits cockers. Les trois chiens briards  du comte ont le droit de manger � table o� l'on pose leurs assiettes. Les cockers de Madame n'ont pas les m�mes privil�ges car Madame d�sire qu'ils soient "bien �lev�s".
 Un peu g�n� pour payer les travaux de ma�onnerie de ses maisons � l'entreprise Bernadet, d'Astani�res revendra � la ville de Capbreton un morceau de terrain pour y construire un fronton. Il est stipul� dans l'acte de vente qu'il se r�serve, toujours disponible � chaque manifestation, une loge attitr�e au "Fronton de la C�te d'Argent".
 Il y sera une figure excentrique, tr�s remarqu�e � Capbreton. D'autant que, outre ses singularit�s, les mod�les qu'il fait poser nus font jaser dans les chaumi�res.
 Sa tenue vestimentaire est, elle aussi, peu protocolaire et uniquement inspir�e par le souci du confort sans contraintes. Il porte un sombrero de style mexicain, un large sarrau, un pantalon en molleton des Pyr�n�es, de mauvaises sandales qu'il porte "en groule" (avec les talons tout �cras�s). Aussi, lorsque la Comtesse son �pouse lui demande de s'habiller un peu pour des invit�s attendus, il enfile correctement ses sandales, et d�clare : "Voil�, vous �tes contente, j'ai mis mon smoking" !.Monsieur le comte est aimable. Si sa porte est toujours ouverte, il n'accepte en revanche, que peu d'invitations. "Je ne sors de Capbreton qu'une fois par an pour aller me confesser, � la veille de P�ques. Ce jour-l� je vais � Bayonne, je prends par le bras le premier pr�tre que je rencontre. Je lui dis: mon P�re, voulez-vous me recevoir en confession? Et je rentre chez moi."
Attitude d�contract�e  qui enchante Monseigneur l'�v�que qui ne manque pas de venir "aux Epaves" prendre des vacances. Ce sera une attraction aussi  pour le futur roi Edouard VII qui fait sp�cialement pour lui une incursion � Capbreton lors de ses s�jours � Biarritz. Quant � l'abb� Gabarra qui a table ouverte, il gourmande son h�te pour que celui-ci couvre au moins la nudit� des oeuvres d'une feuille de vigne, par respect pour ses invit�s. Le grand amusement du comte est de placer une vraie feuille de vigne � leur arriv�e ... feuille qui s'envole au premier vent.
 La cuisini�re, Rose Labescat suit le rythme de la maison en acceptant la plus grande originalit� sur les menus qu'on lui impose. Elle n'a pas son pareil pour accommoder les "gibiers" les plus divers et les plus inattendus qui arrivaient aux cuisines: des lapins souvent, des sangliers parfois, mais aussi, moins classiquement, des oiseaux de mer, voire les cochons d'Inde de la comtesse lorsque celle-ci �tait partie dans ses terres! Le comte a gard� les habitudes �tranges de sa jeunesse! Mais ne nous y trompons pas c'est un gourmet et sa table est toujours bien arros�e de son propre "vin de sable".
Outre le secr�taire de M. le Comte, Pierre Gillet, la maisonn�e se compose aussi d'une femme de chambre, L�onie , de son mari Adrien Lahontang, de deux autres domestiques Jeanne Camescasse et Jeanne Bassagaix. Quant au palefrenier, Fran�ois Goalard, c'est une force de la nature.
 Lorsque Pierre Gillet va se marier avec la Dlle Rose Gentieux, artiste elle aussi,  professeur de piano et organiste, d'Astani�res se r�jouit de la pr�sence de cette jeune personne, car lui m�me joue du clairon, du piano et a une belle voix. Mais son r�gisseur lui tenant maintenant beaucoup moins compagnie, il prend fantaisie � M. le Comte de faire venir du Congo un jeune n�grillon de 17 ans, "Amouna", fils de chef de tribu auquel on d�sire donner une connaissance de l'Europe et qui lui servira de mod�le et de domestique. Il a gard� des particularit�s dissonantes: on entendait parfois, la nuit, un curieux grincement  Pour tenir ses dents tranchantes, il les limait dans le noir et le comte trouvait ce geste inqui�tant. Il restera peu de temps, jusqu'� l'�ge de 18 ans.
 C'est "Apupula" qui le remplacera. Beaucoup plus jeune, il demandera d'abord tr�s-vite � repartir, inquiet d'�tre si bien nourri et se demandant � quelle fin on voulait l'engraisser. Lorsqu'il sera rassur�, il suivra son ma�tre en permanence.

Il a fait sensation la premi�re fois qu'on l'a vu croquer et avaler un gros ver blanc juste d�terr�. Puis on s'habituera aux notes d'exotisme et "Apapula" fera vite partie du d�cor Capbretonnais. Il y aurait eu aussi, mais peu de temps,  une jeune n�grillonne qui posa pour la sculpture "Fleur d'Eau" qui se trouve � la Biblioth�que de Capbreton. "Apupula"repartira pour l'Afrique quelques ann�es plus tard.
On devine que l'atelier de d'Astani�res �tait, � l'image de son propri�taire, un mod�le de non-conformisme. L'atelier d'un sculpteur �voque souvent la froideur du marbre. Ici on trouve, presque p�le-m�le, de nombreuses aquarelles  voisinant avec des cr�nes, des tibias qui servent de mod�le et d'aide m�moire aux dessins, des terres cuites, des bronzes.

Des meubles encombrants sont suspendus au plafond et on peut les descendre avec des poulies dans un superbe foutoir.
En consid�rant la couche de poussi�re qui recouvre les objets, on comprend que le ma�tre n'autorise personne � passer un dangereux plumeau et pourtant, l' immense chemin�e avec un four pour les terres cuites, enfume souvent.

Il est vrai qu'il reste peu de place � un balai maladroit. Dans un coin sont dispos�s un clairon, un tambour, une grosse caisse, des chiens courants traversent l'atelier. Dans un coin, des grands-duc en cage se disputent des charognes, et c'est Apupula qui est charg� de les approvisionner en rats et souris pris au pi�ge.
C'est peu dire de l'ambiance et des aromes qui s'exhalent de l'atelier.
   Mais son talent faisait tout oublier et que l'on ne savait o� porter les yeux, ni ce qu'il fallait admirer en priorit� des peintures ou des sculptures car il maniait avec un talent �gal le pinceau et le ciseau.
 A l'ext�rieur, � m�me la dune et aux carrefours des sentiers, sont diss�min�es des sculptures de toutes natures, souvent dispos�es sur des colonnes de parpaings pour qu'elles y prennent la patine du soleil, du sable et des vents salins.
 Les occupations rurales sont nombreuses � "la Savane".

Il faut s'occuper des vignobles, de la laiterie, d'une flottille de barques, des troupeaux, tenir en �tat les engins de p�che et de chasse. Les am�nagements du domaine sont constants car il faut surveiller la fixation de la dune en plantant des oyats
D'Astani�res consacre  beaucoup d'�nergie � la mise en valeur de son domaine sur un sol ingrat. Il utilise pour cela les revenus de ses sculptures ou bien est-ce son domaine qui lui permet de couvrir les frais d'un art assez co�teux ? Qui le sait?
 Il des habitudes de pi�t� et assiste � l'office chaque semaine et s'y rend avec son �pouse, en voiture tonneau tir�e par une jument. Pour mettre � l'abri son attelage pendant le temps de la messe, il a fait b�tir non loin de l'�glise des �curies � �tage, ferm�es � cl�. Plus tard il aura une voiture automobile. Ce b�timent formant une avanc�e dangereuse sur l'angle de la route de Benesse � Capbreton  sera la cause de plusieurs accidents. Tout sera d�moli apr�s sa mort.
Dans la collection de r�compenses de cet homme d'exception se d�tache une m�daille de sauvetage en mer. A 71 ans, le comte d'Astani�res sauve, en 1912, un baigneur en difficult� sur la plage de Capbreton.
C'�tait un homme bon et g�n�reux mais pas toujours en harmonie avec ses proches voisins. Lorsqu'il arriva que ceux-ci l�chent leurs chiens courants dans la propri�t� du comte, il y a eu plus d'une balle assassine sur les b�tes qui d�rangeaient les lapins de Monsieur le comte.
 Madame d'Astani�res est, elle aussi, assez originale. N'ayant pas d'enfants, elle reporte toute son attention sur les animaux de la maisonn�e, sur les oeuvres pieuses, et sur les chiens errants ou bless�s...
Au d�but de leur mariage, d'Astani�res avait fait de sa jeune �pouse un portrait dont on a pu �crire "elle a dans sa gr�ce juv�nile le rayonnement d'intelligence et de souriante bont� o� se r�v�le le beaut� d'une �me".
Lorsque sa ni�ce par alliance, Mme de Pange n�e Pauline de Broglie, en parle dans le tome trois de ses m�moires ("Comment j'ai vu 1900"), elle rapporte sa premi�re rencontre : "Elle a �t� jolie, me dit-on. Il n'en reste rien. A moiti� aveugle et boiteuse, elle est, comme toutes ses contemporaines vieille avant l'�ge. On lui donnerait quatre vingts ans, elle en a � peine soixante. "

C'est vrai qu'ayant perdu un oeil, elle ne sortait qu'envelopp�e de voiles et nombre de Capbretonnais qui assistaient � la messe avec elle  n'ont jamais vu son visage.
 Le comte d'Astani�res mourra � Capbreton le 30.01.1918, � 77 ans, � la suite d'un refroidissement contract� � la chasse aux canards.
Il sera inhum�, selon sa volont�, au cimeti�re de Capbreton et sera encore cit� au catalogue des Artistes Fran�ais en 1925 .
Apr�s sa mort, son �pouse fait don de nombreuses oeuvres � l'�glise de Capbreton.

Eglise qui m�rite une mention sp�ciale puisque d'Astani�res a contribu� � en faire une curiosit� originale et sans doute unique :
- Il a cisel� une centaine de
plaques en terre cuite (178 exactement) qui ornent sur trois rangs les murs de la nef et y a inscrit des milliers de  noms, ceux des Capbretonnais enterr�s dans l'�glise depuis 1533 jusqu'en 1752. C'est � coup s�r sa derni�re oeuvre de longue haleine qui ne sera stopp�e que par sa mort. Il avait commenc� ce travail en 1912. Apr�s lui c'est Steetrup, un danois, qui prendra la rel�ve et terminera la collection sur des plaquettes de bois.
- De magnifiques bas-reliefs, r�pliques de celles de la chapelle des cat�chismes, pr�s de l'�glise Sainte Clothilde de Paris,  ont �t� plac�s sur le mur d'entr�e du porche. Comme jusque l� il trainaient � m�me le sol , l'un d'eux s'est bris�. C'�st Saint Tarcitius, patron des enfants de choeur qui n'a pas r�sist� � une bousculade. 
- Le "J�sus enfant allant vers son p�re" �tait une des oeuvres pr�f�r�e du sculpteur. L'artiste, qui diss�minait ses oeuvres dans les dunes, avait choisi pour celui l� le plus joli bosquet des pins qu'il avait fait planter.

Cette statue a �t� d�rob�e dans l'�glise de Capbreton et les capbretonnais auront une plaie ouverte tant qu'il n'aura pas �t� retrouv�.
- La Vierge "Omnipotentia Supplex"a toute une histoire. Je vais l'emprunter � Raymond de Laborde, dans son livre "sur la c�te d'argent", paru en 1911, du vivant de d'Astani�res:
"Apprenez qu'un matin, M. le cur� (C'�tait l'abb� Gabarra), ayant annonc� pour l'apr�s-midi, au comte d'Astani�res, la visite de ses chanteuses, toutes enfants de Marie, le comte ... avait demand� � sa cuisini�re une collation succulente ... c'est un pillage de fruit et de g�teaux. Le champagne p�tille dans les coupes...mais voil� que peu � peu la maison se vide et M. d'Astani�res se retrouve en t�te � t�te avec M. le cur�. Le ma�tre sort � son tour et que voit-il, grand Dieu ? Il voit les enfants de Marie qui fuient, emportant la vierge enlev�e d'une niche construite pour elle, sur la fa�ade de la maison. Il se pr�cipite, veut reprendre son bien, les chanteuses d�posent leur pr�cieux fardeau et tombant � genoux, les mains jointes, chantent comme elles n'ont jamais chant�. Alors le ma�tre, �mu, dit � ces demoiselles : Soit, vous aurez ma vierge. Elle restera votre �glise en souvenir de moi. Il faut bien que je pardonne puisque, entre artistes, on peut tout se permettre." Et l'artiste amena effectivement la statue � l'�glise avec, sur le socle, une inscription ressemblant un peu � des hi�roglyphes  "Vol� par les chanteuses de Capbreton. L'artiste reconnaissant."


Le 23 septembre 1930, la comtesse Mathilde d'Astani�res, n�e Thomas, comtesse de Pange, va d�c�der au ch�teau de Pange � l'�ge de 85 ans et elle repose aussi au cimeti�re de Capbreton. Leur tombe commune est surmont�e d'une vierge "Omnipotentia Supplex" .

 Ses maisons ne lui survivront pas longtemps, gravement endommag�es par le raz de mar�e de 1938, puis par les Allemands en 1944, au moment de la lib�ration.
Le p�re Gillet de Betharram raconte: "Les Allemands arriv�s en 1940 s'en sont donn� � coeur joie de casser, mutiler, piller. Les bronzes sont partis pour une destination encore inconnue. Quelques restes ont cependant pu, non sans mal, �tre soustraits au vandalisme de l'occupant, notamment l'Enfant-J�sus et le buste en bronze que Falgui�re avait repr�sent� en officier de cavalerie. Une nuit de 1940-41, une charrette tir�e par un �ne put s'infiltrer sans attirer l'attention et les bronzes furent transport�s dans une cachette s�re qui lui permit d'�chapper � la razzia des sbires de Goering."

C'est en 1977 que dispara�tront les derniers vestiges des "Epaves", la maison de Monsieur le Comte. Ce personnage pittoresque qui s'amusait comme un gosse lorsque des visiteurs abus�s le prenaient pour le gardien des ch�vres.


Anne-Marie Bellenguez-Darnet

28 juin 2005



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