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LES INCENDIES DE BAYONNE

Anne-Marie Bellenguez

 


Cet essai englobe quelques uns des incendies que Bayonne eut � subir au cours de son histoire..
Pour effectuer cette �tude, il a fallu accepter un postulat , � savoir que chaque arr�t� de pr�vention d�couvert en Archives est d�j� la cons�quence de drames, d'�checs, peu ou pas relat�s mais qui jouent un r�le essentiel dans le bilan � dresser. En effet, les incendies ne se trouvent souvent r�pertori�s que lorsqu'il y a une intervention financi�re de la ville :

- Parce que l'incendie a touch� un b�timent public
- Lorsqu'un acte de malveillance ou p�nalisable donne lieu � des poursuites,
- Lorsque les sinistr�s r�clament quelques secours.
L'�tude couvrant les p�riodes anciennes ne peut donc �tre qu'une simple illustration, ni chiffr�e, ni exhaustive, des difficult�s et des r�actions d'une ville industrieuse, face au coup du sort de l'incendie.
Depuis 1974, au contraire, les sapeurs-pompiers pr�sentent une information pr�cise, trait�e avec des outils performants, la statistique et l'informatique.


Les Causes des incendies

Smblables � celles de nos jours, peuvent �tre classifi�es en imprudences, causes climatiques, malveillance ou incendie politique .


- Une belle illustration d'imprudence est celle de l'incendie qui, en 1736, ravage tout un quartier du centre de la ville, la rue du Pont-Mayou et la rue d'Ouesque. Parti de la maison d'un droguiste-�picier qui pr�parait des confitures s�ches, le feu ravage une vingtaine de maisons et fera de nombreux morts...
C'est un gamin,  commis de magasin, qui avait pour charge d'�teindre le feu sous les confitures avant d'aller dormir. Il les oublie et le feu gagne les produits combustibles entrepos�s dans la boutique, dont un baril de poudre ! Ce fut l'�pouvante et l'incendie dura 5 jours. (DD156 et DD 160 11). Cette catastrophe de 1736 d�clenchera une s�rie de mesures draconiennes due au stress collectif mais les incendies seront encore � quasi journaliers �.

- Les accidents dus aux feux de chemin�e sont fr�quents. On comprend mieux en suivant, les experts dans leurs visites des maisons. Ils en donnent des descriptions �tonnantes : Des foyers sont � m�me le plancher, sans tuyau. "Sur le ciel du lit tout proche sont entass�s de petits fagots , les hardes sont pr�s du feu ..." en 1709,(DD 156 15), en 1745,(DD 157) ,
En 1740, lors des visites de contr�le, on citait d�ja la Maison "Latour", o� il n'y avait aucun tuyau de chemin�e, le feu �tant � m�me le plancher.
Dans la maison de la Demoiselle Lissonde, trois foyers sur le plancher, sans chemin�e ni tuyau ( 1724 1731 CC 195)
Idem pour la maison de la veuve Lafleur ou la maison de Duvege au bout de la rue Pannecau, etc.
Dans l'une d'elles ce sont des tables qui servent de tuyau et de l� "les bluettes et la flamme du feu peuvent s'�lever jusqu'au toit"(DD 156 91- 92). 03.02.1741 Le tuyau de la maison Destandau ne peut �tre ramon�, il n'y a qu'une petite ouverture pour recevoir la fum�e. Il devra imp�rativement �tre agrandi avant le 10.02.1741.

Cet �tat d'inconfort qui nous stup�fie, mais est si fr�quemment cit� , r�sulte d'une �conomie fiscale : Pour ne pas �tre tax� par "feu", on ne construisait pas de chemin�e!
Rien d'�tonnant � ce le maire Dulivier se plaigne le 02 juin 1741 d'accidents fr�quents et presque journaliers, dus au manque de nettoiement des chemin�es. Il en impute en grande partie la faute aux propri�taires qui ne se soucient pas de la propret� des chemin�es puisque l'on fait supporter l'amende aux locataires en cas de feu. Dor�navant, les propri�taires paieront l'amende si leurs locataires s'av�rent insolvables . (DD 156 93).

- De m�me l'arr�t� portant prohibition d'allumer quelque feu la nuit sur les navires  est maintes fois r�it�r�. Il faut dire que la technique de calfatage des bateaux repr�sentaient un danger r�el d'incendie .
Il fallait chauffer du goudron puis flamber la coque du navire pour faire adh�rer le brai, l'enduit de rev�tement et... " Il n'est pas toujours au pouvoir des hommes de limiter la flamme d'un feu qu'il met"!
Le 01.05.1741 (DD 156 92), le capitaine breton Fran�ois Dunau chauffe du "br�"dans la cale o� il a �tabli une chaudi�re. Le feu qui a pris a �t� rapidement �teint, mais il �cope tout de m�me de 50 livres d'amende.
 
Seront interdits �galement les lancements de fus�es ou les feux pour la St-Jean. Celui devant la cath�drale suffit !(DD 160 58 23.03.1744). En 1744 (DD 157) .

Les moyens de propagation :

A l'origine de l'Etablissement de Bayonne, Les toits �taient de chaume, nous dit Ducer� et recouvraient des maisons en bardeaux, tr�s rapproch�es .
1258 semble une ann�e dramatique o� des quartiers entiers disparaissent en quelques heures.

C'est le grand incendie de 1290 qui, toujours d'apr�s Ducer�, marque une date dans le d�sir de la pr�vention.

Pourtant Vauban, qui, en 1681 �tudie la construction de la Citadelle , craint encore un embrasement, selon lui in�vitable en cas de si�ge, � cause des charpentes en bois, des encorbellements, des rues resserr�es.
Sans compter les produits inflammables qui s'accumulent dans les arri�res boutiques etconstituent un risque permanent.

 

Causes climatiques

La foudre frappe la cath�drale en 1660, en1701,en 1741, en 1755.etc.. (Ducer�, Histoire de Bayonne) D�s 1310, une bulle papale de Cl�ment V atteste que la cath�drale de Bayonne a �t� an�antie par la foudre. (Bayonne Elie Lambert 1958).

Malveillance, le crime d'incendiaire

- Une nuit de 1752, Elie Brandon, commer�ant rue du Port Neuf, perce le mur du de la boutique d'Abraham L�vi son voisin et s'y sert en marchandises. Ensuite il place dans le magasin une chandelle allum�e qui devra mettre le feu, referme le trou et rentre chez lui. Mais une lueur dans un magasin ferm� donne l'alarme. Il y a vite un attroupement, la descente du Maire et de Messieurs les officiers du S�n�chal.
Gr�ce � la rapidit� de l'alarme, la catastrophe sera �vit�e. Mais Brandon, au nom pr�destin�, accus� de crimes d'incendie pr�m�dit� et de vol avec effraction voit son cas est aggrav�. En effet, de nationalit� juive, il ne devait quitter les murs de Bayonne avant la nuit tomb�e. (FF 504.15 � 27).

- C'est encore un incendiaire qui, en 1723 (DD 156 18 ) embrase une partie de la digue du Boucau. Le feu a �t� aliment� de loin en loin par de la paille ...

- En 1735, Navarret, pr�pos� � la garde des pignadars, d�couvre qu'une personne mal intentionn�e a mis le feu � du bois fra�chement d�bit�, (l'�quivalent d'une charrue et demie) et les flammes ont gagn� sur 7 ou 8 pins sur pied.

- Un autre sinistre, attribu� � de la malveillance d�truit, le 22 avril 1824 , le ch�teau de Marrac, propri�t� de Napol�on I˚.  il y passa trois mois au milieu d'une cour fastueuse. On a conserv� les ruines de la chapelle, prot�g�es par un arr�t� de conservation.

- Dimanche 14.09.1919, les ar�nes sont pleines et le soleil est ardent. Ce jour l�, trois des six taureaux pr�vus, retenus � la fronti�re hispano-portugaise par suite de malentendus, n'arriveront pas et la course sera �court�e de moiti�  Le public furieux scande "Palha est pas l�" (c'�tait le nom de la ganaderia portugaise qui devait les fournir). Puis, fatigu�s de s'�poumoner, voyant tomber la nuit, quelques exalt�s jettent p�le-m�le banquettes et chaises au milieu de la piste, y mettent le feu. Il suffira de quelques chaises enflamm�es lanc�e sur les gradins ou sous les galeries couvertes de bois pour que les ar�nes de Lachepaillet soient consum�es. Il faudra attendre un an pour qu'elles soient reconstruites et r� ouvertes.

 

Incendie politique ou par fait de guerre

L'�glise Sainte-Marie de Bayonne aurait �t� br�l�e, en 864, nous dit Ducer�, ainsi que monast�res et maisons avoisinantes pour �lever un temple � Odin, Dieu de la guerre des Normands.
A son tour St L�on fera tomber le feu du ciel sur les faux dieux et l'on pourra reconstruire l'�glise .

12 septembre 1916, c'est la terreur dans le quartier de la poudrerie de Blancpignon qui a pris feu et dont les explosions �branlent Bayonne. (Henri Jeanpierre 1980 SLA Bayonne) .

 

Un moyen inattendu de propagation est attest� en 1719 lors de l'embrasement de la Tour de Sault. (27.11.1719 DD 156 17). Le soldat de garde constate que la chandelle allum�e par ses soins a �t� enlev�e et tra�n�e jusqu'� un amas de paille.
Il juge en conscience que ce sont les gros rats dont il est environn� qui s'en sont saisi. La rumeur publique confirmera que des rats sont sortis en foule de la tour lors des premi�res lueurs de l'incendie.
Bayonne devra donc compter avec ses rats incendiaires !

 

Les moyens de lutte contre l'incendie : La pr�vention, l'eau, les seaux, les pompes � incendie et surtout les soldats du feu.

 

La pr�vention

- En 1290, l'assembl�e des 100 pairs ordonne que toutes les couvertures de chaume disparaissent et soient remplac�es par des toitures en tuiles � canal. (Ducer�).

Il y a eu assez t�t prise de conscience de la part des autorit�s, La pr�vention vise certaines professions r�put�es "� risque", mais les contrevenants nombreux obligent � reconduire menaces et arr�t�s.

- C'est ainsi que l'on pourra obliger des boulangers � d�molir leur four � cause du danger imm�diat. Ce sera la cas en1709, (DD 156 13), pour deux boulangers dont les fours sont ouverts sur le devant jusqu'au dessus du toit, sans chemin�e .
En 1713 un ma�tre fournier doit d�molir son four attenant au mur d'un cabaret. La chaleur d�gag�e fait tourner le vin!(DD114) ( 1724 1731 CC 195)
Boulangers et fourniers devront donc faire ramoner les chemin�es de leurs fours tous les 15 jours et, pour que nul n'en ignore, ils feront porter la "suye" sur la rue.

- Les forges posent de gros probl�mes et la politique � leur �gard changera au long des temps.
Au d�part leur activit� est cebs�e se concentrer dans la rue des Faures o� l'on retrouve aussi les taillandiers, cloutiers, cuirassiers, fourbisseurs, fondeurs, potiers d'�tain, arbal�triers et arquebusiers. Ce privil�ge date de 1205 (Duc�r�).
C'est ainsi qu'en1673 Jean Pape, forgeron, devra d�molir son atelier parce que celui-ci est �tabli frauduleusement rue Marsan,
Pourtant, vers 1750, on s'efforcera au contraire de les exclure du coeur de la cit�. DD 136 , ce qui se fera avec difficult� et madame Pontet en rel�ve encore 22 dans la ville en 1753.

- On tient compte en cela de l'opinion publique. C'est ainsi que, en 1723, le sieur Courthiau qui fait fondre journellement au bourgneuf de la graisse de baleine doit transporter sa chaudi�re hors la ville "� cause de l'odeur et du danger".

- En 1741 on exigera un ramonage quatre fois par an, principalement � l'entr�e de l'hiver. (DD 156.94) . On recevra une amende de 50 livres chaque fois qu'il y aura un feu et le double si le feu a pris pendant la nuit. Comme les amendes seront � partager moiti� pour le d�nonciateur,moiti� pour la ville, et il y a de multiples dossiers � traiter.(DD156 81 ...)

Le ramonage obligatoire �tait traditionnellement effectu� par les charpentiers de maisons, aid�s de savoyards qui offraient leurs services, l'hiver. Or, en 1740, deux Savoyards proposent, au Corps deVille, de se fixer � Bayonne � l'ann�e et de � s'y installer toute leur vie �, contre le privil�ge du ramonage. DD 156 ). Il s'agit de Joseph Guillot et d'Aym� Virb� Roullet.
Ils ramonent, disent-ils mieux que les charpentiers sans monter comme eux sur les toits. Chacun d'eux est aid� d'un petit gar�on, l'un pendant les mois d'hiver, l'autre toute l'ann�e. Le tarif demand� est de10 sols pour le 1er �tage et de 8 sols pour les 3˚ et 4˚ �tage. Ils promettent aussi d'�tre sur les lieux des feux au 1˚ coup de tocsin.
La ville accepte une partie de cette proposition, sans toutefois interdire aux charpentiers de continuer � ramoner les chemin�es.
Les revenus des deux Savoyards n'ont pas d� r�pondre � leur esp�rance puisque ils c�dent rapidement leurs droits � un "pays", Gaspard Matelay, qui adjoint � ses activit�s le privil�ge d'�tre le seul qui puisse crier "parsol et parapluie" (DD156 82) et dont il assure les r�parations.
DD 157˚.DD 156 23.09.1730.

- En 1889, apr�s l'incendie de l'H�tel de Ville et des mus�es, on veille � ne plus regrouper ensemble toutes les ?uvres d'art et les collections.

 

L'eau. Les Puits

Dans la lutte contre les incendies, la question de l'eau est primordiale. 
Or, comme cette ville est fluviale et maritime, il semblerait naturel que ce ne soit pas une denr�e qui puisse causer des soucis
Pourtant, pendant longtemps les points d'eau de la ville furent insuffisants et leur d�bit m�diocre. (Mme Pontet Ed.Even...)

- En ao�t 1724 , l'intendant De Lesseville �crit : "Il est d'une n�cessit� pour ainsi dire indispensable d'avoir une fontaine dans la ville... avec un r�servoir au milieu de la place du march� pour satisfaire aux cas impr�vus. (DD 159)

Les propositions de fontainiers se succ�dent, mais les essais sontd�cevants.
En 1769, le corps de ville d�cide de confier � un fontainier hydrauliste de Paris les travaux de la fontaine de Chauron (DD 106). Ce sera un d�sastre avec un d�bit bien inf�rieur � ce qui �tait attendu et de plus, le siphon de plomb qui se rompit au bout d'un an, provoqua une importante inondation.

- Les Archives de Bayonne ne disent pas si les Bayonnais ont pu utiliser autre chose que de l'eau pour �teindre un d�but de feu. En revanche dans le livre des "Etablissements de Dax" on peut relever le cas de figure inattendu d'une personne qui, faute d'eau, se servirait de vin ou de cidre pour �teindre le feu et qui doit donc �tre indemnis�e pour le sacrifice qu'elle a fait en faveur de la communaut�

Les seaux, cruches et paniers

- Pour transporter l'eau, la ville paye le 6.10.1696, 92 cruches qui ont servi lors d'un incendie rue Pannecau, ainsi que 6 pelles de bois (DD 156 11).

Elle poss�de aussi des seaux et paniers dont les mod�les en usage dans la premi�re moiti� du XX˚ si�cle, n'auront pas chang�s. Ils sont en toile blanche cir�e cercl�s d'osier, en veau cir� ou en mouton.

En 1741 Christophe Rossi pr�sente une facture pour la peinture de 52 paniers.(DD 156.95)
En 1744 on �tablit � 186 le nombre des paniers � la charge de l'H�tel de Ville. Cependant ils ne sont pas en quantit� suffisante puisqu'en cette m�me ann�e, il a fallu aller en chercher d'autres sur les navires. (DD 157)
Aussi la ville rach�te 250 paniers neufs en 1777.
Les premi�res municipalit�s r�volutionnaires en ont command� 600, mais lorsque on fait un inventaire, le 10 vent�se an 3, il n'y en a plus que 395.
C'est le signe qu'ils ont br�l� ou plut�t, qu'apr�s les incendies, on oublie de les rapporter.

On se plaint d�j� de cette attitude en 1740 (DD 156 79 ) Les contrevenants d�ciouverts, c'est-�-dire d�nonc�s, devront payer 100 livres d'amende, dont la moiti� ira au d�nonciateur.


Pompes � incendie.

Comme l'�crit 01.08.1724 l'Intendant de Lesseville (DD159 pi�ce 31) � la suite d'un incendie rue de la Poissonnerie "Les pompes et les seaux sont une grande ressource...mais il faut savoir s'en servir..."
Ce qui confirme bien que l'organisation des secours reste longtemps du domaine de la sollicitude et de l'affolement
Grand progr�s dans la lutte contre les incendies, les pompes � incendie font leur apparition, mais elles sont tr�s rudimentaires
En 1748 on investit dans une grande pompe d'Amsterdam, une petite pompe de Rouen,et deux autres pompes avec leur n�cessaire.

Un artisan bayonnais propose, en f�vrier 1790, une id�e originale qui ne sera pas retenue: il veut construire une pompe tra�n�e par une gabarre (BB 64 )

Les Soldats du feu

Pendant longtemps il n'a fallu compter que sur la bonne volont� de tous les sans grades, souvent victime de leur d�sorganisation.
Au 17˚ si�cle, le salaire de ceux qui remplissent des barriques d'eau, consiste en pots de vin et en quignon de pain (DD 156 11 et 12).

Peu � peu l'arm�e intervient de fa�on r�guli�re, � l'appel du tocsin (1736).

En 1737, les pompes nouvellement achet�es demandent une maintenance. Trois Bayonnais sont charg�s de leur entretien et de leur exercice en cas d'incendie" : Guillaume Boub�e, puis son fils Pierre; Christophe ROSSI et Etienne CABARRUS, voilier qui entretient aussi les seaux.

En 1741, une ordonnance de Dulivier s'adresse � tous les ma�ons, charpentiers, recouvreurs et ramoneurs pour qu'ils se rendent, u premier signal, � l'endroit o� sera le feu, � peine de 10 livres d'amende contre chaque d�faillant.

En 1744, les pompes sont en service, et pourtant les soldats de la garnison restent arm�s de cruches pour remplir les seaux, afin d'�teindre le feu

le 09.08. 1793 ( Chambre de commerce J 15) �tablit l'ordre � observer par la garde nationale en cas d'incendie alors qu'on bat la g�n�rale. La r�glementation est plus pr�cise mais toujours peu efficace.

En 1804 on signale que les militaires et les charpentiers r�ussirent � isoler le foyer de l'incendie et que les pompes furent actionn�es "avec intelligence". (M.Hourmat ) Il y a un r�el progr�s !


Les cons�quences des Incendies sont traumatisantes


Les d�g�ts de l'incendie de 1736 par exemple, se chiffrent, chez les particuliers � plus de 636 000 livres (DD160 21 31.10.1736) avec la ruine totale de beaucoup d'entre eux.
A c�t� de cette d�tresse des particuliers, les autorit�s exigent tout naturellement les remboursements de leurs propres d�pens.

Il faudra, par exemple, payer les frais de d�tachage au capitaine qui a sali son habit en 1744 (DD 157).
Le pilote de rivi�re Guillaume Gabarret, se fait rembourser une gaffe incendi�e ( DD 157) et le 17.03.1746 on remplace pour Gracy de Lesseps, hospitali�re de l'h�pital militaire, 8 cruches cass�es que les �chevins ont pris pour �teindre le feu, et on doit  lui rembourser un blanchissage du linge extraordinaire, etc. (DD.157 15.05.1744).

A c�t� de cela aucune assurance n'existe pour les propri�taires, encore moins pour les locataires.
Nous sommes loin du r�gime invent� d�s 1666 en Angleterre.  C'est lorsqu'un incendie de 7 jours et 8 nuits y a d�truit 13.200 b�timents dont 87 �glises, que l'aubergiste Edouard Lloyd a con�u un office d'Assurances G�n�rales (la Lloyd actuelle).

En France, et � Paris, il faudra semble-t'il attendre 1717 pour trouver les balbutiements d'un bureau des incendies. La chambre d'Assurances G�n�rales contre l'incendie de Paris en 1753 et la Compagnie Royale d'Assurances de 1786 dispara�tront � la R�volution.
Mais en 1736 et en province aucune indemnit� n'est pr�vue pour les victimes du feu.

Et comme toujours, h�las, l'aubaine du pillage, latente, c�toie les actes d'h�ro�sme. Les archives parlent de "Ceux qui profitent du trouble et de la confusion que causent les incendies".

Apr�s le drame de 1736, on d�nombre l'enl�vement sous pr�texte de les sortir des flammes, de meubles, marchandises et argent, bijoux . .. que l'on a jamais revus.
En 1744, lors de l'incendie de la maison Hontabat, rue Bourgneuf, les seuls objets que l'on a officiellement retir�s du sinistre sont 3 paires de pistolets, un missel romain , 2 paires de bas noirs et un carr� de coton

Quant aux morts , ils sont anonymes. Impossible de faire un �tat des hommes, femmes, enfants, sauveteurs qui furent br�l�s vifs (1736 DD 156) . Ils repr�sentent pourtant l'aspect humain le plus important et l'enjeu d'une lutte qui prend l� toute sa dimension.

 

De nos jours la pr�vention est le ma�tre mot des sapeurs-pompiers. Gr�ce � la g�n�ralisation des mat�riaux ignifug�s et des d�tecteurs, la lutte contre l'incendie n'est plus leur fonction principale.
Pour 1999, sur les 8495 interventions d�nombr�es sur le district du B.A.B. 382 seulement concernent des incendies, les autres sorties faisant l'objet d'une ventilation pr�cise.

Actuellement, le Centre de Secours Principal dispose de
4 ambulances,
2 fourgons pompe-tonne lourds de 3000 litres
2 fourgons pompe-tonne l�gers de 2000 litres
2 camions citernes pour feux de for�t
2 v�hicules pour d�sincarc�ration
2 �chelles m�caniques a�riennes de 18 et 30 m�tres
1 v�hicule pour le risque chimique
et un parc automobile de voitures r�parti entre le Centre Principal d'Anglet et les centres de secours
de Bayonne et de Biarritz.
La caserne principale compte 106 sapeurs pompiers professionnels, 83 volontaires, 2 personnes
attach�es au secteur administratif.
Tous b�n�ficient de formations continues et d'un entra�nement sportif de haut niveau. Certains sont plongeurs, sauveteurs en mer et disposent d'embarcations rapides, de pneumatiques style Zodiac ou de Jet-Ski pour les interventions sur la c�te.
D'autres sont sp�cialis�s pour le risque chimique, d'effondrement, pour les accidents radiologiques,
...etc.

On est bien, bien loin des soldats porteurs de cruches ou de seaux mais, au long des si�cles c'est la m�me ardeur qui les porte � secourir leurs semblables et la m�me force d'�me. Ils doivent rester fermes et lucides dans des ambiances de cauchemars
Un d�compte qui ne sera jamais fait non plus, c'est le nombre de vies �pargn�es gr�ce � leur d�vouement !
Leur grand souci actuel est de pr�venir et �viter tout incendie dans le vieux Bayonne historique, dont les maisons �chappent encore aux normes de s�curit�, mais apportent tant de charme � cette belle ville.

Anne-Marie Bellenguez

                pour :"L'Adour maritime de Dax � Bayonne"

Actes du LIII�me congr�s d'�tudes r�gionales de la F�d�ration historique du sud-ouest,tenu � Dax et � Bayonne, les 27 et 28 mai 2000.

(F�d�ration historique du Sud-Ouest; Soci�t� de Borda;

Soci�t� de Sciences lettres et arts de Bayonne)

 



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